Aller au contenu
Annuaire des Ressourceries

Le réemploi en pratique

Donner des vêtements : ressourcerie, conteneurs Le Relais, associations

Un sac de vêtements dans l'entrée, et une question simple : ressourcerie, conteneur ou association ? Les trois existent, ne font pas la même chose, et n'acceptent pas tout dans le même état. Voici comment trancher.

Pulls et manteaux pliés sur une table de tri, sacs de vêtements au sol
Photo d'illustration. Les textiles doivent arriver propres et secs, quelle que soit la structure.

Trois voies, pas une seule

Quand un vêtement ne sert plus, trois circuits de don coexistent en France. Ils ne se concurrencent pas vraiment : ils répondent à des logiques différentes, et le choix dépend surtout de l'état du vêtement et de ce que vous voulez qu'il devienne.

La ressourcerie ou recyclerie avec friperie reçoit le don en direct, dans un local, souvent avec un contrôle visuel immédiat par un bénévole ou un salarié. Ce qui est jugé revendable part en boutique solidaire, à un prix accessible, sur place. C'est un circuit court, local, qui finance des postes d'insertion et fait vivre un commerce de quartier. Des villes comme Roubaix, Lille ou Mulhouse ont plusieurs structures de ce type, avec des rayons textile identifiés.

Le conteneur de collecte textile, la borne installée sur un parking ou près d'une déchèterie, fonctionne différemment. D'après la page de Refashion consacrée à la recherche d'un point de collecte, on y trouve trois formes d'accueil : conteneurs de rue ou de parking, déchèteries, et commerces ou associations équipés. La page précise que l'on peut y déposer "vos vêtements et chaussures usagés, même abîmés", triés ensuite par un opérateur professionnel. C'est un circuit industriel : le vêtement quitte votre commune pour rejoindre un centre de tri, où il sera orienté vers la revente en France, l'export, ou le recyclage matière.

Les associations caritatives et boutiques solidaires (Croix-Rouge, Secours populaire, Emmaüs, Secours catholique) tiennent un rôle intermédiaire : dons reçus en local, souvent avec la même logique de tri sur place que la ressourcerie, mais avec une mission d'aide sociale directe en plus de la revente à petit prix.

Ce que ces circuits reprennent vraiment

Le point commun aux trois voies, d'après les consignes de tri publiées par Refashion, l'éco-organisme agréé pour la filière textile, linge de maison et chaussures : les articles doivent être propres et secs. La page de l'ADEME sur quefairedemesdechets.ademe.fr consacrée aux vêtements est claire sur la hiérarchie à suivre : réparer d'abord, donner ou revendre ensuite si le vêtement est en bon état, et réserver la collecte textile aux vêtements devenus inutilisables. Elle précise aussi que les textiles doivent être propres et secs avant tout dépôt en point de collecte.

Concrètement, sont repris dans l'ensemble des circuits :

  • Vêtements pour adultes et enfants, y compris ceux qui présentent une déchirure, une usure ou une tache légère : la page de tri de Refashion précise que les articles "peuvent être déchirés, usés, froissés ou légèrement tachés"
  • Chaussures, toujours attachées ou liées par paires, pour éviter qu'elles ne se séparent pendant le transport et le tri
  • Linge de maison : draps, serviettes, rideaux, nappes
  • Maroquinerie : sacs, ceintures, petite bagatelle en cuir ou synthétique

Refashion est clair sur un point : l'état dégradé n'est pas, en soi, un motif d'exclusion. Un vêtement taché, usé ou légèrement abîmé garde sa place dans le circuit textile ; il sera simplement orienté vers le recyclage plutôt que vers la revente.

Ce qui pose problème

La limite n'est pas l'usure, c'est la contamination. D'après les consignes de tri de Refashion, les articles souillés par de la peinture ou des produits chimiques doivent partir directement à la poubelle ou en déchèterie, jamais dans un conteneur textile ni dans un sac de don. Le raisonnement est le même pour :

  • Le textile mouillé, moisi ou qui sent l'humidité : il contamine le reste du sac ou du conteneur pendant le transport, et devient invendable comme inutilisable en matière recyclée
  • Le linge fortement souillé par des taches organiques
  • Les sous-vêtements et maillots de bain : plusieurs structures associatives et ressourceries les refusent par principe d'hygiène, même propres, d'autres les acceptent dans le circuit du recyclage. La règle varie d'un point de dépôt à l'autre ; mieux vaut vérifier auprès de la structure avant de les inclure dans le sac plutôt que de compter sur une règle unique
  • Les articles mités, avec présence visible d'insectes ou de moisissures

En cas de doute sur un article précis, une chaussure dépareillée, un vêtement d'enfant très abîmé, un manteau taché, le plus simple reste d'appeler la structure ou de consulter la fiche de la ressourcerie ou recyclerie concernée sur ce site avant de se déplacer.

La filière REP textile et le rôle de Refashion

Le textile, comme les meubles ou les appareils électriques, relève en France d'une filière à responsabilité élargie du producteur (REP). Concrètement, les metteurs sur le marché de vêtements, linge de maison et chaussures financent la collecte et le traitement de ces produits en fin de vie via un éco-organisme agréé par l'État. Pour le textile, cet éco-organisme est Refashion.

Refashion ne collecte pas directement chez les particuliers. Sur son site, l'éco-organisme se présente comme fédérant les acteurs de la filière, de la production à la valorisation, pour "réduire les impacts et créer de la valeur", avec la formule "Rien ne se jette, tout se transforme". Son site structure les recommandations en quatre étapes : réduire, réparer, réutiliser, recycler. C'est la même hiérarchie que l'on retrouve sur la page de l'ADEME dédiée aux vêtements : réparer d'abord (avec, pour certaines réparations, un dispositif de bonus réparation), donner ou revendre ensuite, et réserver la collecte textile aux vêtements hors d'usage.

Sur le terrain, l'opérateur de collecte le plus visible reste Le Relais, réseau d'entreprises d'insertion né en 1984. Selon les chiffres publiés sur son propre site, Le Relais exploite plus de 18 000 conteneurs et 600 véhicules de collecte, et intervient dans plus de 7 000 communes. Le Relais présente son activité comme un modèle d'insertion par l'emploi autant que de gestion des déchets textiles : le site revendique la création d'un emploi chaque semaine depuis sa fondation, et plus de 2 200 emplois créés en trente ans. D'autres opérateurs de collecte existent selon les territoires, avec des conventions différentes avec les collectivités locales ; le point de collecte le plus proche dépend de l'organisation choisie par votre commune ou votre intercommunalité.

Préparer un sac correctement

Un sac bien préparé accélère le tri et évite qu'un vêtement finisse jeté par excès de prudence du trieur. Quelques règles simples, cohérentes avec les consignes de Refashion :

  • Utilisez un ou plusieurs sacs fermés, de 30 litres maximum chacun selon la recommandation affichée par Refashion pour les dépôts en conteneur : un sac trop volumineux ou mal fermé se déchire pendant la manutention
  • Attachez les paires de chaussures ensemble, avec un lacet, un élastique ou du ruban adhésif
  • Séparez ce qui est clairement invendable (très abîmé, taché) de ce qui reste en bon état, si vous donnez à une ressourcerie qui trie sur place : cela facilite le travail du bénévole ou du salarié qui réceptionne le don
  • Ne mélangez pas le textile avec d'autres objets (jouets, vaisselle) dans le même sac si vous déposez dans un conteneur textile dédié : ces bornes ne sont conçues que pour le textile, le linge et les chaussures

Pourquoi ne pas déposer au pied d'un conteneur plein

Un conteneur textile saturé donne l'impression que le geste est perdu si on emporte son sac ailleurs. C'est l'inverse qui pose problème. Un sac laissé au sol, exposé à la pluie, aux passants ou aux nuisibles, se dégrade en quelques heures : le textile qui aurait pu être revendu devient un déchet mouillé et souillé, souvent invendable et parfois même retiré du circuit de recyclage. Refashion le rappelle explicitement sur sa page consacrée aux points de collecte : ne rien laisser traîner sur la voie publique. Si un conteneur est plein, la meilleure option est de chercher un autre point de collecte à proximité, de rapporter le sac chez soi pour un dépôt ultérieur, ou de l'apporter directement à une ressourcerie, une recyclerie ou une association qui reçoit les dons en horaires d'ouverture.

Don en ressourcerie ou dépôt en conteneur : ce que ça change concrètement

Le choix a un effet réel sur la suite du parcours du vêtement.

CritèreDon à une ressourcerie ou associationDépôt en conteneur textile
CircuitLocal, tri manuel sur placeIndustriel, tri en centre spécialisé
Devenir probableRevente en boutique solidaire de proximitéRevente en France, export, ou recyclage matière selon l'état
Impact social directFinance des emplois d'insertion locaux, accès à un prix bas dans le quartierFinance la filière de collecte et de tri à l'échelle nationale, dont des emplois d'insertion chez des opérateurs comme Le Relais
Contrôle sur l'état acceptéVisuel, immédiat, par une personneA posteriori, en centre de tri
HorairesOuverture de la structureAccès libre, souvent 24h/24

Aucun des deux circuits n'est meilleur dans l'absolu. Un vêtement en bon état gagne à passer par une ressourcerie ou une association si vous voulez qu'il profite directement à quelqu'un près de chez vous, et que la structure a de la place en rayon pour ce type d'article. Un vêtement usé mais propre, ou en quantité trop importante pour une boutique locale, trouve sa place dans un conteneur, où le tri industriel saura l'orienter vers le débouché le plus adapté, y compris le recyclage matière si la revente n'est pas possible.

Le cas des dons en grande quantité

Après un tri de placard, un déménagement ou une succession, la quantité de textile à évacuer peut dépasser ce qu'une boutique solidaire peut absorber d'un coup. Dans ce cas, contacter la structure au préalable évite un aller-retour inutile : certaines ressourceries et recycleries limitent les apports volumineux ou demandent un rendez-vous, en particulier pour le linge de maison et les vêtements en grande quantité. Des fiches comme celle de la Ressourcerie du Secours Populaire de Roubaix ou de la Ressourcerie Artex à Montpellier donnent une idée des modalités d'accueil du public ; il est utile de vérifier ces informations avant de charger la voiture. Dans les villes qui comptent plusieurs structures, comme Tours, Nîmes, Angers, Brest ou Pau, répartir un gros don entre deux adresses peut aussi être une option si l'une d'elles est saturée.

Le reçu fiscal n'est pas automatique

Un don de vêtements à une association reconnue d'utilité publique ou d'intérêt général peut, dans certains cas, ouvrir droit à une réduction d'impôt. Mais ce n'est ni systématique ni automatique : cela dépend du statut juridique de la structure qui reçoit le don, de sa capacité à identifier et valoriser ce don, et de sa politique interne. Une ressourcerie constituée en association loi 1901 ne délivre pas nécessairement de reçu fiscal pour un dépôt de vêtements ; certaines grandes associations caritatives le font pour des dons matériels, sous conditions précises. Un dépôt anonyme dans un conteneur de rue ne permet en tout état de cause aucune identification du donateur, donc aucun reçu. La seule façon de savoir si un justificatif est possible est de demander directement à la structure au moment du dépôt, avant de compter dessus dans une déclaration de revenus. Pour le cas particulier de votre situation, la structure elle-même ou votre centre des finances publiques restent les interlocuteurs de référence.

Vérifier la fiche avant de se déplacer

Chaque structure a ses propres horaires, ses limites d'apport et parfois des consignes plus strictes que la moyenne (refus des sous-vêtements, apport sur rendez-vous au-delà d'un certain volume, créneaux dédiés au textile). Sur ce site, chaque fiche est vérifiée individuellement avant publication, avec la date du dernier constat. Si vous gérez une structure et que les informations affichées ne correspondent plus à la réalité, vous pouvez revendiquer la fiche pour la mettre à jour directement.

Questions fréquentes

Peut-on donner des vêtements tachés ou troués ?

Oui, dans la plupart des cas. Refashion précise sur sa page de tri que les articles peuvent être déchirés, usés, froissés ou légèrement tachés : ils seront orientés vers le recyclage plutôt que la revente, mais restent dans le circuit. Seuls les textiles souillés par de la peinture ou des produits chimiques doivent aller directement à la poubelle ou en déchèterie.

Faut-il attacher les chaussures avant de les donner ?

Oui. Les points de collecte et les ressourceries demandent des chaussures liées par paires, avec un lacet ou un élastique, pour qu'elles ne se séparent pas pendant le transport et le tri. Une chaussure isolée est plus difficile à revendre et finit souvent recyclée alors que la paire complète aurait pu être revendue.

Les sous-vêtements sont-ils acceptés ?

Cela dépend de la structure. Certaines ressourceries et associations refusent les sous-vêtements et maillots de bain par principe d'hygiène, même propres, d'autres les acceptent dans le circuit du recyclage textile. Le plus sûr est de vérifier auprès du point de dépôt avant de les inclure dans le sac.

Pourquoi ne pas laisser un sac au pied d'un conteneur plein ?

Refashion rappelle sur sa page dédiée aux points de collecte de ne rien laisser traîner sur la voie publique. Un sac laissé dehors se mouille, se salit ou est renversé, ce qui rend souvent le contenu invendable et parfois même inutilisable pour le recyclage. Mieux vaut chercher un autre point de collecte ou rapporter le sac chez soi.

Un don de vêtements donne-t-il droit à un reçu fiscal ?

Pas automatiquement. Cela dépend du statut de la structure et de sa capacité à identifier votre don. Certaines associations délivrent un reçu sous conditions, d'autres non, et un dépôt anonyme en conteneur n'en permet aucun. Il faut le demander directement au moment du dépôt, sans compter dessus par défaut.

Sources publiques consultées le 11 septembre 2026 : Refashion, Trier mes vêtements (consignes de tri), Refashion, Trouver un point de collecte, ADEME, Que faire de mes déchets, catégorie vêtements, Le Relais, page d'accueil (chiffres collecte et insertion). Les conditions d’une structure ne valent pas pour toutes les autres, confirmez auprès de celle que vous visez.